Blog de nos voyages et comment nous les avons vécus

Une journée sans voiture. Je rends les clés à la responsable de l’agence qui est venue récupérer le véhicule chez nous et me dirige vers la route, à pied. Elle m’interpelle et me propose de m’avancer…Il se trouve que la Grande Montagne où je vais aujourd’hui est sur sa route…

Pendant le trajet j’apprends pêle-mêle ceci: la moitié de la population Rodriguaise habite à Maurice, peu de travail sur place, pas d’universités…À Rodrigues, la notion de propriété terrienne n’existe pas vraiment, les terrains sont sous bail (de 60 ans pense ma chauffeuse) avec l’Etat, pour l’extraordinaire somme de 1000 roupies (une vingtaine d’euros) par an et transmissible aux descendants…Rodrigues n’a pas vraiment souffert du Covid. Lors de l’épidémie le territoire a rendu rapidement ses frontières étanches et décrété un confinement qui n’a duré que le temps de réaliser qu’aucun cas de la maladie ne s’était déclaré, soit une quinzaine de jours. Profitant de l’absence de tourisme pendant cette année, les autorités ont investi dans les infrastructures touristiques.

une fois toutes ces propos échangés, nous arrivons à ma destination: la Réserve Naturelle de Grande Montagne (https://www.mauritian-wildlife.org/grandemontagnenaturereserve). Il est 11h, trop tard pour la visite guidée du matin et trop tôt pour celle de l’après-midi à 13h15.

Sur notre route nous sommes passées devant le départ du sentier menant au somment du Mont Limon, point culminant de l’île. Avec deux heures devant moi, je me dis que c’est faisable: je vais atteindre le sommet de Rodrigues! Une quarantaine de minutes pour atteindre le départ du sentier, une dizaine pour atteindre le sommet et me voilà! Fière et un peu consolée de n’avoir pas été au bout de l’ascension du Piton des Neiges, toute mauvaise foi mise à part, je trouve que 398 m de haut valent bien 3071!

C’est sur le chemin du retour que je prends conscience de cette réalité un peu angoissante: j’ai dans mon portefeuille exactement zéro roupie! Mon plan initial était de me rendre à Port Mathurin d’y retirer de l’argent puis de prendre le bus vers Grande Montagne… je ne pouvais pas acheter d’eau, et j’étais assoiffée par cette marche, et je ne pouvais même pas prendre le bus pour rentrer! J’avais cependant des euros et j’espérais pouvoir les échanger si jamais je ne trouvais pas de distributeur dans ce coin un peu perdu du centre de l’île, ce qui me paraissait très probable. Le premier magasin, tenu par un vieux monsieur, comprenant à peine le Français, je n’ai pas pu utiliser mes euros. Dans le deuxième, un magasin d’artisanat tenu par deux dames on m’a expliqué que j’avais peu de chance de réussir à échanger mes euros ici… mais qu’il y avait une petite banque dans le village de Mont Lubin à une vingtaine de minutes de marche en rebroussant chemin. Il était trop tard. Je décidais de continuer ma route vers la réserve et d’aller ensuite vers Mont Lubin. Très bonne décision, avec le recul, car, avant d’atteindre ma destination je décide de retenter ma chance dans un snack à l’aspect plus touristique et moderne et j’ai pu y échanger mon billet de 20€ contre 760 roupies ( avec une commission de 6€ dans la poche du vendeur!) et ne pas mourir de soif, car à ce stade, j’avais définitivement oublié toute l’excitation et l’exotisme qui avait entouré ma quête de konokono, je ne rêvais plus que d’une très banale bouteille d’eau!

Maintenant je dois rendre hommage à Danny, notre guide lors de la visite de la réserve. Elle a rendu le parcours passionnant! Et je recommande à tous ceux qui passeront par Rodrigues de mettre cette visite en tête de leur activités. La protection de l’environnement dans des îles où l’écosystème est si unique que dans les Mascareignes est primordiale. Il suffit de se rappeler la liste des espèces éradiquées par les humains à la réserve Francois Legat. Ici, la réserve se donne pour mission de ré-installer les forêts primaires, complètement disparues ici( pour info, à l’île Maurice il n’en reste que 3% et à la Réunion 30%) et de renforcer la présence d’espèces endémiques en offrant des plants à la population.

Une bien belle journée encore!

Grande Montagne – A Day Without a Car

Exploring Rodrigues, one step (and one adventure) at a time.

There’s something liberating about setting off without a car. Maybe it’s the promise of slowness, of seeing things you’d otherwise just drive past. This morning, I hand the keys back to the agency manager, who’s come to collect the car from our place, and set off down the road on foot. She calls out, offering me a ride. By chance, Grande Montagne—the place I’m heading today—is on her way.

As we drive, fragments of island life unfold in conversation: half of Rodrigues’ population now lives in Mauritius; there’s little work here, and no university. On Rodrigues, land ownership isn’t really a thing—plots are leased from the State for about sixty years, my driver thinks, for the princely sum of 1,000 rupees a year (around twenty euros), and can be passed down to one’s descendants.

The island barely felt the impact of Covid. When the pandemic began, Rodrigues quickly sealed its borders and went into lockdown—only to discover, two weeks later, that no cases had appeared at all. The authorities used the lull in tourism that followed to invest in new infrastructure, preparing for the return of visitors.

By the time all these stories have been exchanged, we’ve reached my stop: the Grande Montagne Nature Reserve (mauritian-wildlife.org/grandemontagnenaturereserve). It’s 11 a.m.—too late for the morning guided tour, too early for the one at 1:15.

On our way here, we passed the trailhead to Mont Limon, the island’s highest point. With two hours to spare, it seems like the perfect opportunity: I’m going to climb to the top of Rodrigues! Forty minutes to reach the start of the path, ten to reach the summit—and there I am, standing proud and a little redeemed after not making it to the top of Piton des Neiges. And honestly—bad faith aside—398 meters can hold their own against 3,071!

A Thirsty Adventure

It’s only on the way back that I realize something slightly terrifying: I have exactly zero rupees in my wallet! My original plan had been to stop in Port Mathurin, withdraw some cash, and then catch the bus to Grande Montagne. Instead, here I am—unable to buy water, parched from the walk, and without enough money to even take the bus home.

I do have some euros, though, and hope I might exchange them somewhere—well aware that finding a cash machine in this quiet, inland part of the island is unlikely.

The first shop I try is run by an elderly man who barely speaks French, so my euros are of no use there. At the second—a small craft shop run by two women—they kindly explain that my chances of exchanging euros around here are slim… but there’s a small bank in the village of Mont Lubin, about a twenty-minute walk back the way I came. Too late for that now, I decide to keep going toward the reserve and try my luck later.

In hindsight, that turns out to be an excellent decision. Before reaching my destination, I spot a snack bar that looks a bit more modern and tourist-friendly. I try again—and success! The owner exchanges my €20 note for 760 rupees (keeping a neat €6 commission for himself, of course). But at least I don’t die of thirst. By that point, all the excitement and exotic charm of my konokono quest had evaporated; I was dreaming only of one thing—a simple, blessed bottle of water.

Now, I have to pay tribute to Danny, our guide for the visit to the reserve. She made the tour absolutely fascinating. I can’t recommend this visit enough to anyone coming to Rodrigues. Environmental protection is crucial on islands like the Mascarenes, where ecosystems are so fragile and unique. One only has to think of the long list of species wiped out by humans at the François Leguat Reserve.

Here at Grande Montagne, the reserve’s mission is to restore the island’s original forests—completely vanished from Rodrigues (for reference, only 3% remain in Mauritius and about 30% in Réunion)—and to promote native species by offering saplings to local residents.

Another beautiful day, in every sense of the word.

Endnote

Travel isn’t always about perfect planning—it’s about the surprises that turn minor inconveniences into lasting memories. Sometimes, the best stories begin when you have no car, no cash, and just enough curiosity to keep walking

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